5. JACQUES COEUR ET L'ALCHIMIE - OEUVRE ROYALE DE CHARLES VI

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JACQUES COEUR ET L'ALCHIMIE AU 15ème Siècle. L'OEUVRE ROYALE DE CHARLES VI

Texte de la Bibliothèque Nationale transcrit par Joëlle Pellegrin Oldenbourg. Il montre, si besoin était, que l'alchimie est et était un sujet royal hautement digne d'intérêt.

Cet écrit est étudié par Dominique Ravel, éditions Léopard d’Or, 1984, sous le titre « L’œuvre royale de Charles VI ».

 

"CHARLES, par la Grâce de Dieu, Roy de France, Seigneur des Seigneurs, disciple de Philosophie et Secrétaire de souveraine divinité, de cœur bienveillant comme de père bien vrai, sans feintise, découvrirai à vous, mes très chers enfants, lesquels allez méditant et fourvoyant par les déserts, les profonds secrets de mon cœur, lesquels la Grâce de Dieu notre Seigneur m'a révélés non pas pour mon mérite, mais par la Grâce. Lesquels secrets ont été obturés et cellés (cachés), car les philosophes les ont toujours couverts et occultés comme leurs propres péchés et lesquels hommes Notre Père a laissé à ses successeurs obscurs et ténébreux par paroles étranges, métaphores et semblables diversités, et moi-même ouvrant et étudiant en la plus grande philosophie trouvai toutes ces écritures étranges et syncopées qu'en nulle autre manière ne pouvais moi apercevoir ni extraire leur intention. Iacoit que aucun d'eux ayant aucune fois dit paroles de la perfection du Grand Magistère, lesquelles sont vraies. Toutefois, ils les ont dites si disjointes l'une de l'autre, l'une çà, l'autre là, et dessous si nébuleuses couvertures, aucune fois négligentement, autre fois obscurément et décevant les auditeurs par diverses manières de semblables, qu'à peine peut nul parvenir à entendre les secrets des philosophes : à savoir les secrets de Nature, de l'apparaissance du Soleil et de la Lune; pour laquelle chose je fis par mes clercs, Maîtres et Philosophes, assembler toutes les écritures, toutes les sciences et toutes les investigations faites par divers ouvrages, au devant dit magistère et investigation ; ou longues, ou brèves, ou de grand coût, ou de peu de prix, et toutes les trouvai vaines, vides et étranges de mon entente ainsi comme si ce fussent songes.

 

Après tout ce advint une nuit que je vis une merveilleuse vision, de laquelle je fus maintes fois travaillé car je me vis près de la porte du souverain Ciel et un homme de grand étage s'apparut à moi, lequel me mena droit à un fenestrage où je vis toutes les choses qui étaient dedans le Ciel, et vis entre les autres choses neuf ordres d'Anges, lesquels avaient un Prince pour seigneur, lequel ils adoraient ; et attendu que les Anges étaient appelés en cette manière Anges, Archanges, Vertus, Principautés, Puissances, Dominations, Thrônes, Chérubins et Séraphins, et moi qui moult désirais savoir et entendre le magistère des choses........................................................

;.............. un Ange en chacun ordre, et m'accointai de lui, à cette fin que j'eusse réponse des choses que je voulais enquérir. Et ;......       du premier, le second du  second, du tiers le dernier, du quart le cinquième, du sixième le troisième, du septième le huitième, le sixième du neuvième, qui estle dernier du septième et adonc (ajoute?) le prochain au dernier, puis le septième le premier, le sixième avec le tiers, le quatrième le neuvième, le second le cinquième, et eurent conseil ensemble :et je leur demandai le nom du Grand Prince leur Seigneur et ils me répondirent par accord selon l'ordre ci-dessus ; ne doute jamais du nom du Prince, si tu apprends une chose, à savoir : il me fut DIT/AVIS ?  ajouté que ce fut  TRUFFE OU TRUSSE ou fantôme: car j'ai su une chose, à savoir un Seigneur avec la bataille, et si sceu le Soleil et la Lune, avec les autres choses du Ciel ; Aussi je scus une chose et j'en sus plusieurs; et non pourtant je ne scus jamais le nom du Prince,et pour ce je ne les entendais point : par quoi j'ai comme simple et non sachant,pris des Anges le septième, le huitième, le sixième, le cinquième et les priais humblement qu'ils m'accomplissent mon désir en langage latin, françois ou anglois, fit que se puisse savoir le nom du Grand Prince dessus-dit et ils prirent avec eux le second, le premier, le troisième et le neuvième et le quart et firent conseil entre eux général, et me dirent par une voix commune : Numera sic, c'est-à-dire compte depuis un jusque à cent mais rien ne trouvais de ce que désirais. Et lors me tenais pour déçu et trahi, m'en voulais aller comme forcené, mais le vieillard me tenait fort par la main et appela le premier ange, et lui demanda son nom et il répondit : j'ai nom blanc; puis appela le second et il dit :j'ai nom rouge et le tiers avait nom paillereux, le cinquième appelé or volant, le septième était appelé noir, saturne et le dernier s'appelait invincible, c'est-à-dire qu'on ne le peut vaincre: le quatrième dit qu'il avait nom celestiau, le prochain dit au neuvième qu'il avait nom vert, et en la fin il appela le sixième et il répondit qu'il avait nom MOULT DE COULEURS : et moi qui tout ceci entendis les noms dessus-dits, mais le nom du Prince que je désirais savoir ne l'entendis point. Lors me dit le Vieillard : beau ami, sachez de certain que le Chef est Prince de tous, et ce dit je m'éveillai soudainement, et commençai à penser quelle chose peut être le Chef; L'une fois s'apparut au Soleil, l'autre à la Lune, l'autre au Ciel, l'autre à la Terre, l'autre à aucune des planètes ou és autres substances, et n'y trouvai rien de certain et vérité, de quoi je fus moult iré; Si me pensai d'aller par le monde, pour découvrir et savoir les secrets et perfections vraies de la vision et des merveilleuses choses dessus dites.

 

En la parfin passai par Inde la Majeure, en la partie orientale, et par la divine inspiration, je vers les rays du Soleil Levant, et la Lune resplendissante, et me fut bien advis, mais pas n'estais bien certain pour l'obscurité des nuées et des bruines qui volaient par l'air, etpour ce que j'estais moult travaillé allant et venant, en étudiant et courant selon la science de naturelle Philosophie, et mesmement des secrets des plantes et des Principes de  Nature, et des accidents survenant des œuvres moyens en la composition de la transsubtantiation, doutant et désespérant trouver un lieu plus convenable et plus certain,où je puisse mentionner plus parfaitement  à ... pour achever les froidures de l'hiver, et des bêtes mauvaises et venimeuses, lesquelles m'avaient aucune fois mis en peur et grand péril, et ce fut le premier jour de janvier, celui habitacle et celle maisonnette faite, je m'en allai par le bois quérant et cherchant victuaille avec ces bêtes menues en assemblant une grande quantité, eten fis pourvoyance en ma maison pour vivre en repos, et en attendant beau temps clair et délectable : et advint qu'un jour j'estais en ma maison et vis par un pertuis un très grand Dragon, ancien et vieil de cinq mille ans ou plus, venant d'étranges régions, et portant avec lui sa propre femme grosse et prégnante : de laquelle chose je fus merveilleusement ébahi et épouvanté, et regardai et vis que le devant dit Dragon, vieux et fort, enleva et ôta la souveraine chef et opulente partie de la montagne, forma et entra par dedans : après je m'en yssy et la vie ronde et concave par dedans, forte et fermée tout environ, et vis le Dragon parmi la partie souveraine en une maison rondeau mont et de pierre, et celle chambre était droit au milieu de la maison : là descendis en ma maison pensant comment je me pourrais garder de son venin.

Je me levai de nuit et montai sur la montagne et m'aperçus que le Dragon et sa femme dormait : je m'en rentrai tout subtilement en la montagne, et trouvai la maison grande et ample, couverte : je m'en allai entour la chambre et entrai par dedans, et était ainsi: et en la fin le nid du Dragon emmy la chambre bien appareillée et faite de pierre , dont je fus moulte ébahi et apeuré, et allai tout environ, et trouvai par dessus vue entrée petite et bien étroite, et vis le dragon gisant avec la femme prégnante, laquelle s'efforçait d'enfanter et d'avoir sa délivrance; A donc je commençai à penser et restudier comment je les pourrais subtilement enclorre et m'en issir, y trouvai une pierre moult bien faite, de laquelle j'estoupay la bouche du nid et sigillai fermement, et la chambre aussi par dessus d'une grande pierre, et ainsi couvris la maison le plus proprement que je pus trouver. Après tout ce, pensant et considérant la puissance du Dragon, et la vertu de sa femme, et doutant s'ils étaient dehors qu'ils ne me fissent pas peur, pris la souveraine partie de la montagne, si que par nulle manière ils ne la pussent issir ; adecie m'en parti et m'en allai en ma maison et dormis tout à seur. Le lendemain au matin ce fut le tiers Dimanche avant la Septuagesime j'ouvris une fenêtre de ma maison et vis un grand serpent rouge, mais faible et était plus ancien que le Dragon, car c'était son père, et vis qu'il venait de loin petit à petit tout tempérament jusques au pied de la montagne, et quérait le Dragon et la femme lesquels il cuidait avoir perdus, car ils s'en estaient fuis de lui.

Cestuy serpent s'approchant assez sentit par son odeur que le Dragon et sa femme étaient en cette montagne, et allai regarder tout autour la montagne, et trouvai en la souterraine part de la montagne une caverne assez petite, moult était pleine d'engin et subtilité, iaçoit qu'il fut ancien et faible, fit comme père d'iceux qui étaient en celle montagne enclos mout irez et courroucé étaient de ce que ses propres faons s'en étaient fuis de lui, et éloignés de lui par manière de discorde, et pensant comment il le pourraient  châtier et faire accordance avec lui toujours sans faire défférance : adonc il entra en la caverne par dessous et à peine pour la felleté  ?de lui, et fit comme il gisait en la caverne

 il vit la montagne ronde par dessous, et ses faons lesquelles il avait nourris enclos en la souveraine partie de la montagne il ouvrit sa bouche et en jeta un venin attemperé, non pas trop fort, et monta par la montagne petit à petit, et vola autour de la maison de l'enclos et nid, et n'y pouvait entrer, car fis comme devant j'ai dit, j'avais estouppé, fermé et sigillé les portes et les fenêtres de la chambre et du nid, et le venin ne s'en pouvait issir car j'avais bien couvert la montagne par dessus de son couvercle, fis comme il est eserit par devant. Le serpent comme sage, discret et malicieux entendant les enclos ses fugitifs de leur désobéïssance punir ou mettre à mort ou a sa mercy, j'aperçus bien que son venin ne s'en pouvait sortir, pour ce que la montagne était bien close, et que sa vertu par continuation de persévérance transpercerait l'habitacle de ses rebelles, et pensant que le dragon et sa femme qui moult était fort et fier s'il sentait venin trop aigre transpercerait tout, et s'en irait par force : et par vigueur gisait et se tapissait très sagement et en pansement en sa caverne, et était continuellement son venin faible et attempéré jusque petit à petit transperça la maison et la chambre jusque es enclos, et ainsi comme cette chose eut duré trois mois, le Dragon et sa femme s'effeuillèrent comme d'un grief songe; Et quand le Dragon sentit le venin de son père approcher, il descendit ses membres, pensant comme par dédain que ce petit venin ne lui pourrait nuire ne aux siens ; mais la Mulier qui moult aimait son mari, et doutant fort le venin du serpent, pria son mari le Dragon qu'il couvrit tous ses membres, laquelle chose il fit volontiers : et non pourtant elle sentant et odorant le venin du serpent enfanta par grand peur, et celui enfant tantôt qu'il fut né, sentant et apercevant le venin présent ne l'osa attendre : ainsi ouvrit ses ailes et s'envola, fuyant en la souveraine partie du nid, et quand il trouva l'huis fermé et clos, il commença à hurler et à plaindre, et par grand ennui qu'il avait se laissa choir par devant les pieds de son père en désirant paix et repos et soula ? de seureté. Si comme gisait tout ébahi, il sortit derechef le venin très-prochain qui le voulait étrangler, et commença à parler et s'envola fuyant vers la souveraine partie du nid, et rechut à val en telle manière qu'il renversa tous ses membres, et il s'efforça de monter et voler derechef, et toujours redescendait, et ce fit plusieurs fois, et il continua, et en montant et dévallant tant qu'en la fin ne pouvait plus monter, ainsi gisait tout coy; et moi qui désirais la lumière du Soleil et de la Lune, regardais souvent l'air et la montagne, et n'y voyais rien de ce que je désirais, si que j'étais presque désespéré : non pourtant je vis choses horribles et merveilleuses sans fin, lesquelles je n'avais oncques vues ; car je vis nués et souvent muées en diverses couleurs, et les nuées qui étaient premièrement citrines comme couleur d'or resplendissante, étaient autrefois de couleur vermeille, et aucune fois derechef citrines, et puis rouges, puis vertes, bleues ou perses, et aucune fois noires, et en la par fin je, comme désespéré et forcené, me levai et montai sur la montagne, et ouvris la montagne, maison et chambre, et allai autour du nid, tant coiement (silencieusement), subtilement et paisiblement ouvrai le nid, et trouvai comme plut à Dieu, le Dragon, sa femme et leur fils, tous conjoints et convertis en semblance blanche, de laquelle chose j'eus très grand joie, et non créant (craignant) de mort mourir, en jettai une partie sur dix millios de partie d'air et tantôt apparut la Lune resplendissante sur moi de très belle splendeur ; après tout ce moi qui était moult joyeux, et bien aise, regardai le serpent, lequel m'aidait par très grand ire, et était enflé, et plus fort et plus grand, et l'oui en la chambre profondément persévérer, pensant la fin attendue, et voir qu'il entendait à faire : j'estouppay derechef diligemment tous les pertuis et les entrées du nid de la chambre, de la maison, et de la montagne et m'en allai en ma maison, en attendant en bonne espérance et en grand délict, les adventures que j'avais longtemps désirées, et très bien matin l'un des Samedis, c'est à savoir la vigile de Pasques je me levai de mon lit, et ouvrai la fenestre : y vis le serpent du tout en la caverne mort, et était devenu ainsi comme cendre, adonc je montai hastivement sur la montagne par grand désir, et ouvrai tous les pertuis et les huis, et la substance de l'enclos  laquelle avait été premièrement blanche, trouvai transmuée et changée en sang très vermeil, duquel j'ai jetté et espandu un petit en l'air, si comme devant est dit, et mille milliers departies de l'air me démonstrèrent le Soleil resplendissant : adoncques je rendis grâces et louanges à Jésus-Christ mon Créateur, qui l'accomplissement de mes désirs avait octroyé d'avoir le secret de Nature  reposé et célé à plusieurs autres, et laissai maison et montagne, et toutes les Indes, et m'en revins en France mon pays, pour servir le Père glorieux plein de Justice, et de miséricorde, qui par sa grâce nous mène tous à bonne fin et donne vie perdurable "in secula seculorum, Amen, Deo Gratias";

 

REMARQUES SUR L'ŒUVRE ROYALE

 

LA MONTAGNE est le four ci-devant dit : le devant dit liure est parti en trois parties principales  par vie depercherie, et dure jusque au cinquième. Après tout ce advint une nuit, et là commence la seconde partie, en laquelle le vaillant Roy démontra son songe, et dure jusque au troisième :en la par fin je passai par Inde la Majeur, et là commence la troisième partie, en laquelle il déclare son opération par vision du Dragon et sa femme prégnante et grosse, et du serpent rouge leur père, et dure jusques à la fin. En la première partie fait trois choses. Premièrement démontre la bonne affection qu'il a envers les enfants de Philosophie; secondement, démontre la grande difficulté de l'Art. Tiercement, démontre la grande peine qu'il eut de faire corriger diverses écritures et de les mettre en pratique, et en la fin, les trouver vaines.

 

La seconde partie principale qui est moult obscure : il me semble qu'elle enseigne à naturellement connaître tant les minéraux que les métaux, par voie de naturaliste , et nomme la matière et les couleurs. En la troisième partie principale, le Roy vertueux par très gracieuse fiction déclare quatre choses. Premièrement la matière là où il dit qu'il passa par Inde la Majeur, c'est par le Mercure des Philosophes en l'œuvre Majeur , qui est de couleur Inde ou bleue, s'il est bien fait ; et là où il dit que par la divine inspiration il vit les rays du Soleil levant, et de la Lune resplendissante, "quia inistis duobus", selon les Philosophes, "sunt rady tingentes" et la Majeure part des Philosophes qui s'accordent avec très clair  Roy plein de grande Philosophie, et ce qui troublait la vue au Roy, c'est à savoir nubles et bruines, était la liqueur Inde en quoi étaient dissous : et toute chose liqueuse est humidité, comme l'hyver est vaporeux, fi que le Soleil et la Lune qui étaient là, en liqueur faite, ne pouvaient montrer leur rayons jusque au beau temps, qui est quand la liqueur se dessèche, car lors se démonstraient les couleurs, ainsi qu'il met au texte, et c'est quant à la matière. Secondement démonstre les instruments : car la montagne oùentra le Dragon qui portait la femme grosse, c'est le four qui s'appelle Athanor, et la pierre qu'il ôta de la souveraine partie de la montagne est le couvercle dudit four, la maison du Dragon est la supérieure concavité dudit four, et la chambre du Dragon est le couvercle de deux pièces du verre, lequel verre est le nid où le Dragon voulait attendre la nativité de son fils, lequel était au vendre de la femme la Dragonnesse : et ainsi le Roy s'accordant au dict des philosophes, qui disent que Mercure qui est Drago, "Intriplici Vase est conquedus in vitro secundo corpulo terreo. I camerae domo j;superiori, in tertio se transformat Athanoricae quae dicitur mons. Et le  serpent rouge qui se met en la caverne dessous est le feu, lequel avait engendré et nourris, lequel se doit administrer en la caverne dessous la Platine de Mars, qui est le lieu où se fait le feu à nourrir les choses dedans l'athanor. Tiercement, démonstre comment on doit ouvrer de la matière avec les instruments. Là où il dit, que le Dragon qui s'envola en haut, quand il sentit le venin du serpent rouge, c'est le soulphre qui se fixe, montant et descendant par la vertu du venin du serpent rouge, c'est par la vertu du feu, par réitération de mutations sur les pieds de son père et de sa mère, qui sont substances fixes, et les couleurs le monstrent avant la blancheur, et quand est devenu blanc, une part jetée sur mille mille d'air, c'est du Mercure qui est air, le convertit en très fine Lune resplendissante ; lorsque le serpent rouge sentant qu'ils sont meus, plein d'ire et fort enflés, jette plus fort venin, c'est force de feu continuel, le fait tourner en sang vermeil. Quartement  enseigne le temps qui n'est pas long du premier de Janvier jusque à Pasques qui font trois mois, et audit temps enseigne le Liliateur et non plus, et me semble que le demeurant est clair et assez ententible, ainsi qu'en cette troisième partie récapitulant en bref aurez quatre choses, déclaration de matière, d'instruments, d'opération et le temps.

 

La montagne est le four d'Athanor avec tous les instruments et couvercles;

La maison est la partie supérieure de l'Athanor;

La chambre est le couvercle du verre.

Le nid est le vaisseau du verre où est le Dragon et sa femme.

Le Dragon est le Soleil résolu en humidité et la Lune est sa femme prégnante du Soleil;

Le fils est le Soufre blanc et rouge.

Le Serpent rouge est le feu qui est leur père, qui est faible et fort selon la volonté de l'Artiste;

La caverne est son habitation ;

L'Inde Orientale est l'argent-vif, qui est de couleur d'Inde."

 

Le livre de Dominique Ravel, éditions Léopard d’Or, 1984, « L’œuvre royale de Charle VI », analyse bien les différents aspects de la personnalité déroutante du père (supposé) de Charles VII et l'environnement politico-économique de la naissance du "Petit Roi de Bourges" et de son Grand Argentier Jacques Coeur.